À propos

Pleins feux sur nos diplômés

Paul Davis

Quel poste occupez-vous et quelles sont vos principales responsabilités?

Je suis le designer et le fondateur de la marque Paul Davis. C’est une marque de vêtements pour hommes dans le marché du vêtement de luxe. Fondée en 2009, la maque est disponible dans neuf magasins à l’international et est présentée régulièrement lors de la semaine de la mode à Paris et à Berlin.
En collaboration avec une petite équipe de design à Berlin, mes principales responsabilités sont :

  • le design et le développement des collections d’échantillons
  • la coordination avec les fournisseurs de tissus/composantes
  • les visites régulières des salons de tissus
  • la coordination de la production avec les fabricants extérieurs en Europe
  • la coordination des relations publiques et des campagnes de marketing
  • la vente des collections lors des principales semaines de la mode
  • le maintien d’un lien rapproché avec les acheteurs de la marque

Décrivez-nous une journée type de votre vie professionnelle?

Une journée typique implique se lever très tôt, certainement plus tôt que n'importe quelle autre personne rationnelle. Je marche avec mon chien et je fais le vide avant le début de la journée.

J’arrive au travail une demi-heure avant tout le monde et je rédige mon plan pour la journée. À 9 h nous avons la réunion du matin où les tâches sont assignées. Nous travaillons jusqu’à midi, où nous prenons le temps de manger ensemble. À la fin de la journée, nous avons une autre petite réunion pour récapituler ce que nous avons fait et exprimer nos impressions de la journée. Je fais ensuite le tour de mes contacts, je réponds aux courriels ou je fais des appels téléphoniques. Je fais aussi d’autres travaux qui peuvent être réalisés à l’extérieur des heures de travail. Habituellement, j’arrive à la maison vers 21 h.

Les semaines avant une collection, c’est une autre histoire. C’est plutôt du 18-20 heures par jour et du travail qui semble interminable. Mais ces périodes sont vite passées et les résultats parlent d’eux-mêmes.


Expliquez-nous votre cheminement professionnel?

Après avoir terminé mes études au Collège LaSalle, je suis déménagé à Paris pour continuer mes études en mode. À la fin de mes études, j’ai obtenu plusieurs stages dans diverses compagnies et magazines de mode. J’ai eu le privilège de travailler avec des journalistes de L'Officiel Magazine, du magazine Uomo Vogue et de la compagnie nouvellement repartie, Schiaparelli. En 2006 j’ai rencontré le designer de mode pour hommes, Geoffrey Small. J’ai travaillé plusieurs années comme assistant-designer pour Geoffrey avant de lancer ma propre marque en 2009.


Quel est votre meilleur souvenir de votre passage au Collège LaSalle?

Sans aucun doute, mes meilleurs souvenirs sont les longues heures passées dans les ateliers, entre les périodes de cours. Le programme de mode est extrêmement demandant. On vous demande de faire des choses que vous n’avez jamais faites et vous vous poussez plus loin que vous n’auriez jamais pensé pouvoir le faire. Les ateliers sont les endroits où les étudiants se réunissent, se supportent et attaquent les défis ensemble; les idées surgissent et la créativité est palpable. Vous réalisez rapidement qu’il n’y a pas d’obstacles insurmontables et les amitiés se solidifient et durent pour la vie.


Dans votre programme d’études, quelle était votre matière favorite?

L’histoire des costumes et les tendances étaient mes cours préférés. C’était différent des cours théoriques, ceux-ci avaient quelque chose de vivant et dynamique. J’ai trouvé fascinant de voir l’origine de la mode et où elle s’en va dans le futur.

Ces cours m’ont aussi enseigné ma plus grande leçon sur la mode : c’est que la mode n’est pas quelque chose de superficiel ou quelque chose dont on peut se passer. C’est quelque chose d’inné à l’expérience humaine. Tout humain, dans tous les coins du monde, à toutes les périodes de l’histoire, a décoré son corps d’une façon ou d’une autre. Ce n’est pas quelque chose que l’on peut ignorer ou dire être sans importance, c’est une partie fondamentale de qui nous sommes.


Décrivez votre impression générale lors de vos débuts au Collège LaSalle?

Je me souviens avoir été nerveux au début. Premièrement à cause de mes capacités. Je n’avais jamais cousu deux morceaux de tissus ensemble et loin d’avoir fabriqué un vêtement complet. Deuxièmement, parce que Montréal était nouveau pour moi, je ne parlais pas la langue et ne connaissait personne. Mais ces peurs se sont rapidement dissipées et j’ai rapidement trouvé mon rythme.

Aujourd’hui, mes vêtements sont connus pour leur qualité de fabrication. J’ai aussi habité dans deux autres pays et je parle trois langues parfaitement. Si je n’avais pas réussi à surmonter ces peurs quand je suis déménagé à Montréal, rien de cela ne se serait réalisé.


Quel conseil donneriez-vous à un étudiant présentement inscrit dans le programme de mode?

Je crois fortement qu’il n’y a pas d’étudiants au monde aussi bien préparé pour réussir dans le domaine de la mode à l’international que les étudiants issus du Collège LaSalle. La combinaison d’un programme complet et l’identité unique de la ville donnent aux étudiants un avantage incroyable.

Le programme du Collège LaSalle est un des plus complets que je n’ai jamais vu et l’est certainement plus que ceux d’autres établissements « renommés ». Le programme est construit pour englober tous les aspects du domaine et peut être appliqué pratiquement à tous les marchés.

En plus, Montréal est un endroit stratégique. La ville est constituée d’une balance parfaite entre les traditions de la veille Europe et la dynamique moderne de l’Amérique du Nord. C’est un environnement que bien des villes ne peuvent que rêver d’avoir. Les deux langues officielles sont aussi les deux langues prédominantes dans le domaine de la mode. Combiné l’anglais et le français ouvre les portes à presque la moitié de la population mondiale et à 83 pays où elles sont les langues officielles. Il n’y a pas d’autre agencement de langues qui ouvre plus de portes.

Or, malgré cet avantage, les designers montréalais sont souvent sous-représentés sur la scène internationale. Mais je prédis que lorsque les étudiants de la mode auront bien compris cet avantage, nous verrons une vague de talent provenant de cette ville franco-canadienne.


Qu’est-ce qui vous a le plus étonné lors de votre arrivée sur le marché du travail?

Ce qui m’a surpris le plus de l’industrie de la mode c’est combien il est important de se définir et de définir ses principes. Il y a beaucoup de choses qui se passent dans l’industrie, en bien ou en mal. Vous devez définir ce en quoi vous croyez et ne pas laisser tomber vos convictions.


Quelles sont les qualités essentielles pour réussir dans le domaine de la mode?

  • L’authenticité, être connecté avec les gens de façon honnête et vraie.
  • La curiosité, avoir une envie profonde de vouloir découvrir et en apprendre plus sur le monde.
  • L’ouverture d’esprit, pour que même vos croyances les plus fortes soient ouvertes à l’interprétation.
  • L’amour, la bonté, le sens de l’humour… ce sont les clés pour tout dans la vie.